Rare il y a 40 ans, le milan royal est aujourd'hui l'un des rapaces les plus communs de Suisse. Le canton de Fribourg et la Broye vaudoise comptent parmi les régions offrant la plus grande densité de cette espèce au monde.
Depuis 30 ans, une équipe d'ornithologues bénévoles documente le retour de l'espèce dans la région de Cottens, dans le canton de Fribourg. Parmi eux, Adrian Aebischer repère chaque année les jeunes milans royaux dans leurs nids. Grâce à ce suivi, on sait aujourd'hui que plusieurs centaines de couples nichent dans la région, avec environ un nid tous les deux kilomètres.
Moins de migration
Cette progression s'explique en partie par le réchauffement climatique. De nombreux milans adultes ne migrent plus vers le sud en hiver, car ils trouvent désormais de quoi se nourrir sous nos latitudes. Rester sur place permettrait d'augmenter leur espérance de vie, et donc leur nombre.
Le milan royal (Milvus milvus) profite aussi de la géographie du Plateau suisse. En France, en Allemagne ou en Espagne, les parcelles agricoles sont beaucoup plus grandes: quand elles sont fauchées, cela libère d'un coup une abondance de nourriture, campagnols et insectes, mais celle-ci s'épuise vite. En Suisse, la mosaïque de petites parcelles répartit le fauchage dans le temps et l'espace: le milan trouve donc chaque jour de quoi se nourrir quelque part.
La Suisse abrite aujourd'hui environ un dixième de la population mondiale de ce rapace. Elle envoie même de jeunes milans en Italie pour aider à réintroduire l'espèce dans un ciel transalpin qu'elle avait déserté depuis plus d'un siècle.
Hannah Schlaepfer
Amaëlle Steffen
