La mise à l’enquête complémentaire de la liaison routière Marly-Matran s’est récemment achevée et a récolté plusieurs oppositions, selon Guido Balmer, porte-parole de la Direction du développement territorial, des infrastructures, de la mobilité et de l’environnement. Parmi les opposants, le WWF, l’ATE et Pro Natura Fribourg se sont fendus d’un communiqué. Les trois associations ont déjà fait opposition lors de la première mise à l’enquête et estiment que le projet «reste fondamentalement le même aujourd’hui». Soit, selon elles, «surdimensionné, destructeur pour la nature, incompatible avec une politique de mobilité durable et les objectifs climatiques de la Suisse».
Entre autres éléments, les associations estiment qu'«aucune analyse sérieuse des alternatives n’a été réalisée, notamment des solutions privilégiant les transports publics, la mobilité douce et une réduction des déplacements motorisés». Elles s’inquiètent pour la biodiversité, étant donné que le tracé prévu traverse la zone alluviale d’importance nationale de la Sarine. «Les effets du futur pont sur la faune des gorges de la Sarine n’ont fait l’objet d’aucune étude approfondie», assurent-elles.
Les associations jugent que les mesures de compensation, renforcées par rapport au projet initial, ne permettent «toujours pas de compenser les atteintes importantes et durables que cette infrastructure entraînerait». Elles invitent les autorités à renoncer au projet et à «privilégier des solutions réellement tournées vers l’avenir, conciliant mobilité, protection du climat et préservation de la biodiversité».
Rappelons que la liaison routière vise à soulager la traversée Marly-Fribourg en direction de la sortie autoroutière Fribourg Sud/Centre d’une partie du trafic, pour donner la priorité aux transports publics et à la mobilité douce dans ce secteur. Une première mouture du projet avait été présentée en 2020 et engendré 110 oppositions et cinq prises de position. Sur cette base, le Service des ponts et chaussées avait revu sa copie.
Pour sa part, Guido Balmer relève que le projet a fait l’objet de nombreuses études spécialisées menées sur plusieurs années: «Celles-ci ont notamment porté sur la biodiversité, les habitats naturels ainsi que les différentes espèces de faune présentes dans le périmètre concerné, y compris dans le secteur des gorges de la Sarine. Les mesures d’évitement, d’accompagnement et de compensation ont été définies sur cette base, conformément aux exigences légales applicables.» Le porte-parole ajoute que des séances de conciliation auront lieu avec les opposants.
Lise-Marie Piller
