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dimanche 6 mai 2018

Bilan négatif pour Emmanuel Macron après un an au pouvoir


Confortant l'image d'un "président des riches" brandie par l'opposition, les Français estiment à 76% que la politique menée "profite avant tout aux catégories aisées", et seulement 16% qu'elle bénéficie "à l'ensemble des Français"



Une majorité de Français (55%) dresse un bilan "négatif" de l'action d'Emmanuel Macron après un an de pouvoir, contre 45% qui jugent le bilan positif, selon une enquête du Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof).

Le sondage a été réalisé par Ipsos-Sopra Steria avec Le Monde et la Fondation Jean Jaurès. L'action d'Emmanuel Macron pour ce qui est du pouvoir d'achat et de la réduction des inégalités sociales est jugée particulièrement sévèrement, 78% des Français estimant qu'elle va dans le mauvais sens.

Ils sont à peine moins sévères pour ce qui est du système de santé, 72% jugeant que l'action présidentielle va dans le mauvais sens, tout comme pour le système de retraite (70%) et la maîtrise de l'immigration (66%). Le bilan est plus légèrement négatif pour la lutte contre l'insécurité (53% jugent que l'action menée va dans le mauvais sens), la réforme de l'éducation (51%) et la lutte contre le chômage (51), tandis que les électeurs sont très partagés sur l'amélioration du fonctionnement de la vie politique (50%).

Seules quatre thématiques emportent l'adhésion: la politique étrangère, qui va "dans le bon sens" pour 63% des Français, l'aide aux entreprises (61%), l'Union européenne (60%) et la lutte contre le terrorisme (57%).

Plus droitier que centriste

Confortant l'image d'un "président des riches" brandie par l'opposition, les Français estiment à 76% que la politique menée "profite avant tout aux catégories aisées", et seulement 16% qu'elle bénéficie "à l'ensemble des Français" (contre 5% qui la voient favorables aux catégories populaires et 3% aux classes moyennes).

Enfin sur une échelle de 0 à 10 allant de "très à gauche" à "très à droite", Emmanuel Macron est jugé bien plus droitier que centriste, avec une note moyenne de 6,7. En outre 55% des électeurs jugent que M. Macron et son gouvernement "sont trop autoritaires" et "ne laissent pas assez de temps à la négociation .

Si globalement 57% des Français n'apprécient pas son action (contre 43% qui l'apprécient), sa personnalité est appréciée par 50% des électeurs. L'enquête a été réalisée du 25 avril au 2 mai auprès de 13'540 personnes inscrites sur les listes électorales, interrogées par internet et sélectionnées selon la méthode des quotas.



Plus de 5'500 €uros pour photoshoper son affiche pour le second tour de la présidentielle 2017

A en croire l'émission «Quotidien» sur TMC vendredi soir, l'affiche de campagne d'Emmanuel Macron pour le second tour de la présidentielle 2017 a été largement retouchée par ordinateur. Rien de révolutionnaire en soit, puisqu'il est de notoriété commune que les politiques aient recours à ce genre de subterfuge, mais c'est le coût et le nombre de détails modifiés qui surprend.

En voulant consulter les comptes de campagnes d'Emmanuel Macron, suite aux révélations de «Mediapart» sur les ristournes accordées au candidat d'«En Marche», l'un des journalistes de Yann Barthès a dégoté deux factures d'un «photoshopage» comprenant une vingtaine de prestations. Total de l'opération: 5500 euros.

Parmi les nombreuses retouches effectuées, on retrouve notamment: la modification de la couleur des cheveux et des sourcils; le recollage de l'oreille gauche; la plantation de cheveux et le camouflage des golfes dégarnis; mais aussi le remplacement de la chemise blanche du premier tour par l'intégration d'une nouvelle.








29'000 €uros de maquillage pour son apparence physique

Dépenser une fortune pour son apparence physique ? Faire mieux que son prédécesseur ? Emmanuel Macron relève le défi. Selon les calculs de la Commission des comptes de campagne et financements politiques (CNCCFP), le candidat a dépensé 29.042 euros en trois mois pour trente-cinq séances de maquillage. Hollande ridiculisé. Humilié sur son propre terrain.

Face à tant de frais de poudre, rimmel et rouge à lèvres, les vérificateurs ont demandé quelque explication, soupçonnant « des dépenses apparemment personnelles ». Un carnaval, une figuration dans Pirate des Caraïbes ? En quoi ces dépenses présentaient-elles un caractère électoral ?

Citant une décision du Conseil d’État du 30 novembre 2005, l’équipe d’Emmanuel Macron a répondu sans rire : « Les frais de maquillage sont considérés par le juge électoral comme des dépenses à finalité électorale et peuvent donner lieu à remboursement dès lors que ces frais ont été exposés en vue de collecter des suffrages. » Argument très léger mais estimé recevable par ladite commission, qui s’était montrée moins indulgente avec Nicolas Sarkozy en ne lui octroyant que 11.482 euros sur les 34.000 déclarés pour les mêmes services. Mais ne chipotons pas. Si la notion de « collecte de suffrage » est le passe-droit, le sésame à toutes dépenses ébouriffantes, allons-y gaiement. Musculation, voiture de sport, location d’une villa hollywoodienne… pour l’image ! Tous utilisés en vue de séduire l’électeur. Pour collecter du bulletin. Accompagnement d’un top model, séjour aux Seychelles… Tout et n’importe quoi peut entrer dans la catégorie très fumeuse du « en vue de collecter des suffrages ».

Marine Le Pen a-t-elle justifié ses frais de déplacement jusqu’au débat « en vue de perdre des suffrages » ? Est-ce qu’aux yeux de la commission ad hoc chargée de la vérification l’argument fonctionne en marche arrière ? Benoît Hamon pourrait, dans ce cas, présenter une note salée. Costume gris muraille taillé sur mesure, racket onéreux dans les quartiers difficiles. Les sbires de la commission doivent examiner la question. Entrevoir tous les cas de figure.

Mais que viennent faire des frais de maquillage insensés dans cette histoire ? Tout plateau de télévision offre gracieusement les services de jeunes femmes compétentes dévolues à cette fonction. Et déjà rétribuées par le contribuable pour ce qui concerne les chaînes du groupe France Télévisions. Le candidat Macron a peut-être fait appel à une surmaquilleuse ? Pour la deuxième couche.

Le directeur de la société d’événementiel Eurydice qui fut chargée des travaux de beauté sur le candidat est aujourd’hui directeur du pôle Image et Evénements à l’Élysée. L’ex-coiffeur de François Hollande n’en dort plus. Encore un quinquennat et il finissait ministre du Déboisement.

Le Conseil d’État a, en revanche, refusé de prendre en compte les modiques 7.000 euros du coach vocal. L’argument « une voix de velours en vue de collecter des suffrages » n’a pas convaincu. La logique se perd dans les dédales du cerveau technocratique.

Egger Ph.