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mercredi 29 janvier 2014

Les bonbons Ricola



Les bonbons Ricola sont des confiseries industrielles aux herbes. Ses installations sont situées à Laufon, dans le demi-canton de Bâle-Campagne, en Suisse.

En 2005, son chiffre d’affaires s’est élevé à 264 millions de francs suisses. L’entreprise occupe 400 collaborateurs. Les produits sont exportés dans 50 pays. Pionnier de l’utilisation des herbes biologiques en Suisse, la société Ricola SA est liée par des contrats d'achat avec quelque 200 agriculteurs de montagne.

Histoire

En 1924, Emil Richterich achète une boulangerie à Laufon. Parmi la centaine de spécialités fabriquées dans ce commerce figure la « boule à cinq », une sucrerie au goût de caramel.

En 1930, l’entrepreneur fonde la fabrique de confiserie Richterich & Co. Laufon. Cette raison sociale donnera plus tard l’acronyme RICOLA.

En 1940, il mélange 13 herbes différentes créant la recette du “sucre aux herbes” Ricola.

Dans les années 1960, Ricola commence à exporter ses produits à l’étranger. Emil Richterich transmet la responsabilité de l’entreprise à son fils Hans Peter. La confiserie est rebaptisée Ricola et transformée en société anonyme.

En 1976, Ricola lance le premier bonbon aux herbes sans sucre.

En 1991, avec Felix Richterich, la troisième génération est à la tête de l’entreprise.

En 1992, Ricola rachète à Nestlé le producteur de bonbons et de confiserie Disch sis à Othmarsingen.

En 2005, l’entreprise confie au bureau d’architectes Herzog & de Meuron, à Bâle, la construction d’un nouveau centre de conditionnement à Brunstatt, en Alsace et la construction d’un centre de marketing à Laufon. et un autre dans le New Jersey, aux Etats-Unis.

Aujourd’hui, l’entreprise, toujours aux mains de la famille Richterich - Felix Richterich, président du conseil d'administration (CA), représente la 3e génération de la famille fondatrice - et connaît un succès mondial puisque 85-90% de la production est exportée dans une cinquantaine de pays, principalement en Allemagne, en France, en Italie et aux Etats-Unis, principaux marchés avec la Suisse. En 2006, le chiffre d’affaires s’est élevé à 285 millions de francs pour progresser jusqu'à 316,3 millions en 2009, pour reculer à 300,8 pour l'exercice 2010.



La production annuelle se monte à 18'000 tonnes de confiserie à base de plantes, ce qui représente plus de la moitié de la production suisse du secteur, loin devant Hunziker (ZH, 5'000 tonnes) ou Halter (AG, 1'000 tonnes) ; elle se compose à 90% de bonbons. L’entreprise dirigée par le CEO Adrian Kohler occupe 400 employés, dont 370 travaillent en Suisse ; en outre, 100 agriculteurs indépendants Suisses cultivent et sèchent les 250 tonnes d’herbes nécessaires à la production annuelle.

Si le logo des bonbons aux herbes n’a pas changé depuis 50 ans, Ricola s’est fait (re)connaître en modernisant son image grâce à un concept pub à succès, le fameux « Et qui l’a inventé ? Ricolaaaaaaaa. » Signe de ce succès, l’entrepôt de l’entreprise est l’œuvre du célèbre bureau d’architectes bâlois Herzog & de Meuron.

Propriétaires successifs :

Emil Richeterich, puis son fils Hans Peter (intègre Ricola en 1951, directeur dès 1968), puis ses deux fils (dont Felix ; siègent tous deux au CA) et sa fille, responsable du jardin des plantes cultivées pour la recherche.

Au nombre des distinctions de l'entreprise, signalons que Felix Richterich s'est vu décerner le SwissAward 2010 dans la catégorie « économie ».

Recette

La recette des bonbons Ricola est conservée dans un coffre, à l'abri des curieux et des concurrents. En 1940, le fondateur de l’entreprise a mélangé des herbes aussi diverses que le l’achillée millefeuille, l’alchémille, la guimauve, la marrube, la mauve, la mélisse, la menthe, la pimprenelle, le plantain, la primevère, la sauge, le sureau, le thym et la véronique.

Aujourd'hui, Ricola affirme utiliser des herbes cultivées sans herbicide, pesticide ou fongicide, ni engrais chimique.

L’entreprise produit également des infusions instantanées portant la même marque.

En Suisse, les bonbons Ricola sont approuvés par swissmedic en tant que "médicament" de classe E (vente sans ordonnance médicale dans tous les commerces sans conseil d'un professionnel)

Comment un bonbon aux herbes parvient-il à conquérir le monde? 

Nous fonctionnons simplement, en tant qu'original plutôt que copie», explique celui qui mène cette entreprise de niche du Laufental bâlois.

Toblerone, Ovomaltine, Ricola: ces marques ont beaucoup fait pour l'image de qualité des produits de bouche suisses à travers le monde.

Les deux premières ont aujourd'hui intégré les portes-feuilles de groupes étrangers. Mais le bonbon aux herbes Ricola reste bel et bien – 75 ans après son lancement par le maître-boulanger Emil Richterich - un produit 100% suisse.

Mieux: un produit au succès certain. On trouve des accros dudit bonbon dans plus de 40 pays. Parmi eux, les pop stars Robbie Williams, Tina Turner et Britney Spears.

Résultat, l'entreprise a dégagé l'an dernier un chiffre d'affaires de 260 millions de francs.

Le produit avant tout

«Au centre, il y a le produit, explique le patron de Ricola. Notre bonbon aux herbes est brun, dur et rectangulaire plutôt que rond et tendre.» Tout à fait illustratif du slogan de ce forum – «Breaking the rules», transgresser les règles.

La notion de «brand» est exclue du vocabulaire d'Adrian Kohler. Il s'en tient à la terminologie traditionnelle: «La marque est notre actif principal». Et multiplier les produits risquerait de lui faire prendre l'eau.

«Une innovation est toujours un monopole temporaire», explique aussi Adrian Kohler à swissinfo. La recette de Ricola est simple: rester fidèle à ses structures traditionnelles tout en poursuivant son développement.

Structures traditionnelles

Ainsi, la marque a mis sur le marché dans les années 80 des bonbons sans sucre et des thés aux herbes. Et de nouveaux arômes au fil des ans. Dernièrement, dans le trend des produits-santé, elle a lancé un bonbon à l'argousier à la vitamine C.

Pour Ricola, structures traditionnelles signifie produire en Suisse, conditionner à l'étranger. Produire en Suisse: une profession de fois récemment réitérée lorsque, contre tous ses conseillers, la firme a refusé de construire un nouveau centre de production à l'étranger.

S'opposer à ses conseillers était une autre manière de transgresser les règles...

Economies bien pesées

La réflexion est différente pour le conditionnement. Avec un empaquetage délocalisé, l'entreprise épargne sur les frais de transports, les droits de douane et les risques de change.

La conquête des marchés étrangers a commencé pour Ricola dans les années 60, avec l'Allemagne. Pour attaquer le marché américain, la firme a une nouvelle fois transgressé les règles: commercialisation par un partenaire américain puis analyse du marché avec un petit bureau de marketing.

«C'est ensuite seulement que nous avons mis sur pied notre propre distribution.» Car chez Ricola, on voue les coûts fixes aux gémonies – autre recette-maison.

Le besoin de racines

En Europe de l'Est, il est possible de produire à moindre coût, explique Adrian Kohler. Mais le désavantage des salaires élevés et du coût du terrain en Suisse est plus que contrebalancé par la stabilité et le haut niveau de formation de la main d'œuvre.

Mieux, «chaque entreprise a besoin de racines», qui renforcent l'engagement des collaborateurs. L'ancrage de Ricola dans le Laufental est une histoire de gains mutuels, estime son patron. «Là où nous prenons, nous rendons d'une autre manière.»

Autrement dit, personne ne vient remettre en cause les projets de construction de la firme. «Nous sommes aussi le meilleur contribuable de la commune de Laufon», précise Adrian Kohler.

Renat Künzi