Chu de che / Je suis d'ici / Sono di qui / Ich bin von hier ! Notre liberté ne nous a pas été donnée, mais combattue et priée par nos ancêtres plus d'une fois! Aujourd'hui, comme autrefois, notre existence en tant que peuple libre dépend du fait que nous nous battions pour cela chaque jour. Restez inébranlable et soyez un gardien de la patrie pour que nous puissions remettre une Suisse libre telle que nous la connaissions à la génération suivante. Nous n'avons qu'une seule patrie!

mardi 8 décembre 2015

Retrait des listes de gauche : coup d’État à l’envers !


Elle est belle la démocratie vue par la gauche, et ses électeurs – ceux qui persistent – doivent se sentir bien cocus !



L’exécutif, par la voix de Cambadélis commis à l’exécution capitale, ordonne le retrait de listes dans trois régions où le FN est classé premier. Que l’on nomme cela suicide collectif ou nervosité congénitale, il s’agit bien d’un grave déni de démocratie. Il ne faut donc pas s’étonner du rejet massif de cette classe – caste – politique qui se prétend républicaine et n’a de cesse d’exalter les « Valeurs de la République », son credo extatique jusqu’à hier, et qu’il vient de renier dans la déroute annoncée qui le frappe.

Dans deux régions, les « vrais démocrates » acceptent le couperet avec des arguments sensiblement différents bien que sortis aux forceps. En face, pour ne pas dire en parallèle, les discours des bénéficiaires par défaut sont également nuancés. En PACA, bousculé par une jeune donzelle, le candidat d’une droite qui se veut forte rameute les citoyens en ouvrant la porte et en fermant les yeux. Au nord, le ton est un peu différent mais l’appel aux électeurs exclus n’en est pas moins audible.

À l’est, le condamné socialiste se rebiffe et n’entend pas être soumis au diktat de la rue de Solferino.

C’est tout à son honneur ! Pour les médisants, c’est sans doute qu’il s’accroche à un siège ?

Nommons-le, c’est Jean-Pierre Masseret, élu aux mandats multiples depuis plus de 30 ans, qui ne veut pas devenir un vieux tricard.

À force de clamer qu’un parti n’est pas « républicain » les briscards de la politique sont devenus des ringards, voire des tocards pour une majorité de Français. La tambouille à laquelle ils assistent ne peut que les conforter dans leur conviction à laquelle certains opposent la réaction et une majorité, hélas, l’abstention. En effet, la moitié des électeurs inscrits ne vote pas, ce qui aurait dû interpeller depuis longtemps car c’est une insulte désinvolte, voire arrogante à la démocratie. Mais comme elle a servi à certain lors de la dernière présidentielle, les clameurs pour la fustiger manquent encore de décibels.



Le pitoyable mélo politique auquel nous assistons cette semaine a toutes les allures d’un coup d’État négatif. Nul n’en sortira vainqueur et les lendemains risquent bien de ne pas chanter de sitôt…

Sauf « accident », Marine Le Pen sera bien au rendez-vous du second tour de la Présidentielle en 2017 et ses adversaires vont devoir se faire à l’idée qu’ils vont concourir pour une seule place et non deux.

Pour François Hollande, François Bayrou, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, le droit de mener le front antinational (vrai nom du front républicain) à la bataille passe donc d’abord par une lutte fratricide, une lutte de gladiateurs, une lutte à mort, voilà qui nous promet un beau spectacle !

Manuel Valls avait été le premier à annoncer la couleur, deux semaines avant le scrutin, lorsqu’il avait suggéré une recomposition du paysage politique autour du clivage sur la souveraineté nationale. Dimanche, c’est d’ailleurs lui qui a orchestré le retrait des listes du parti socialiste dans les régions susceptibles de tomber entre les mains du Front national. Une politique de la terre brûlée, dans le plus pur style stalinien, qui pourrait s’avérer suicidaire pour la gauche historique incarnée par Martine Aubry si d’aventure le Front national devait remporter les duels ainsi provoqués.

À droite, c’est Sarkozy qui fait grise mine. Son lieutenant Christian Estrosi a pris une gifle mémorable en région PACA et son poulain Dominique Reynié une raclée monumentale en région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées [il faudra lui trouver un acronyme à celle-ci]. Le premier est la preuve vivante que faire campagne à droite ne peut que rapporter des miettes. Le second est la preuve vivante que « les Républicains » ne sont pas crédibles lorsqu’ils font campagne au centre. Nicolas Sarkozy est donc pris en étau, la « primaire » est en train de lui échapper. Plus généralement, la Droite est sans doute en train de comprendre que le vote FN est un vote à cliquet, lorsqu’on y met le doigt on ne revient plus en arrière, bref le primo-électeur FN est un électeur perdu.

Cette recomposition souhaitée par Manuel Valls semble donc inéluctable, toute la question est de savoir qui pourra diriger une telle coalition. Notre ambitieux Premier ministre s’y voit tout à fait dans la perspective de 2022 et on ne peut lui donner tort. Si Sarkozy emporte la « primaire », Manuel Valls misera sur une qualification de François Hollande pour le second tour, une hypothèse tout à fait crédible si François Bayrou nous refait le coup de 2012. Si c’est Alain Juppé qui l’emporte, Manuel Valls la mettra en sourdine comme un « remake » de Jacques Chirac en 1981.

Oui, assurément, ça va être un beau spectacle que cette course à la présidentielle, un combat de chiens avec ses coups bas, ses trahisons, ses promesses de gascon. Ce sont finalement les législatives de 2017 qui pourraient mettre tout ce beau monde d’accord. Au vu des derniers résultats électoraux locaux, le Front national devrait pouvoir faire entrer au minimum une centaine de députés au Palais Bourbon, quel que soit le mode de scrutin. À moins de faire du 49-3 la norme, on voit mal comment un gouvernement pourrait gouverner sans s’appuyer sur une grande coalition par delà le traditionnel clivage gauche-droite.



Henri Gizardin