Chu de che / Je suis d'ici / Sono di qui / Ich bin von hier ! Notre liberté ne nous a pas été donnée, mais combattue et priée par nos ancêtres plus d'une fois! Aujourd'hui, comme autrefois, notre existence en tant que peuple libre dépend du fait que nous nous battions pour cela chaque jour. Restez inébranlable et soyez un gardien de la patrie pour que nous puissions remettre une Suisse libre telle que nous la connaissions à la génération suivante. Nous n'avons qu'une seule patrie!

mardi 20 janvier 2026

Michel Simonet s’apprête à ranger son balai

 

C’est une semaine pas tout à fait comme les autres pour Michel Simonet. Ce jeudi, il rangera pour la dernière fois ses affaires dans le dépôt de la rue des Alpes. Après quarante hivers passés au service de la Ville de Fribourg, le cantonnier à la rose s’apprête à tourner une page, sans nostalgie, mais avec calme et reconnaissance.

"Mon impression est plutôt paisible, sereine", confie-t-il. S’il se dit heureux d’avoir travaillé, le sexagénaire l’est tout autant d’arriver au terme de cette longue carrière. L’hiver, saison exigeante du métier, pèse encore un peu sur les épaules: être dehors par tous les temps, dans le froid et la neige. "Je me réjouis de pouvoir regarder la neige tomber derrière une vitre", sourit-il, évoquant déjà le plaisir retrouvé du ski, cette fois par choix.

Quarante ans, au même poste, une fidélité rare. Michel Simonet y voit une forme d’héritage: un grand-père et un père restés eux aussi quatre décennies dans leur métier. Mais aussi une rencontre réussie entre un tempérament et une profession. "Ce métier a été une alchimie bien réussie", résume simplement le cantonnier.

Au fil des décennies, il a surtout reçu beaucoup: le sentiment d’utilité du service public et des rencontres humaines fortes. "J’ai été énormément gratifié sur le plan relationnel", dit-il, évoquant les visages croisés chaque jour dans les rues de Fribourg.

De cantonnier à figure publique

De cantonnier de renom en ville, Michel Simonet est devenu, presque malgré lui, une figure bien au-delà des frontières fribourgeoises grâce à son livre "Une rose et un balai". Une reconnaissance qui ne l’a jamais détourné de son quotidien. Malgré les conseils de se consacrer uniquement à l’écriture, il a choisi de rester fidèle à son balai jusqu’au bout. "J’avais envie de faire le même travail jusqu’à la fin. Et j’y suis arrivé."

La rose, symbole indissociable de sa silhouette, ne disparaîtra pas totalement. Elle deviendra simplement plus intime. "Je les offrirai à mon épouse", confie Michel.

Une retraite active, toujours dans le quartier

La retraite ne sera pas synonyme d’immobilité. Du temps pour écrire, pour voyager, pour la famille et les petits-enfants. Et bientôt, une nouvelle mission: guider des visiteurs à la cathédrale Saint-Nicolas. "Je vais rester dans le quartier", assure-t-il. Toujours proche des pierres, des rues et des gens.

Une page se tourne, sans bruit, comme un dernier coup de balai.

Laura Kolly

Frapp.ch